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Marketing responsable & RSE : donner du sens à sa marque

Marketing responsable & RSE : donner du sens à sa marque

Marketing responsable : enjeux, défis & opportunités

Introduction au marketing responsable

Aujourd’hui nous nous attaquons à un sujet aussi vaste que complexe, mais indispensable dans le monde de l’entreprise et des marques en 2022. Il s’agit du marketing responsable et durable. C’est un enjeu auquel nous avons attaché une attention toute particulière ces dernières années et qui a engagé de nombreuses interrogations, que ce soit dans le cadre de projets clients ou concernant La Mob en elle-même. Nous nous attacherons dans cet article à vous livrer nos analyses et réflexions à l’instant T. Sachant bien sûr que de nombreux paramètres sont voués à évoluer.

En complément de cet article, nous avons rédigé un écrit sur la communication responsable. Une sorte de deuxième partie dédié à ce sujet qui nous impacte tous au quotidien : la responsabilité des entreprises. Dans cet article, on vous parle de bonnes pratiques à appliquer, des opportunités à saisir, de greenwashing, de campagnes inspirantes…

En savoir plus

    Nul besoin de développer en détails les enjeux environnementaux et sociétaux auxquels nous devons aujourd’hui collectivement faire face. Réchauffement de la planète, destruction de la biodiversité, épuisement des ressources d’énergies fossiles… Ou encore crises économiques, sociétales, climatiques et sanitaires…

    Dans ce contexte, la responsabilité des entreprises et des décideurs n’échappe pas aux consommateurs qui sont de plus en plus informés et exigeants. Le modèle originel de l’entreprise tel qu’il s’est imposé au cours des 19ème et 20ème siècle est à revoir intégralement. En effet, l’objectif originel d’une société était uniquement de produire de la croissance et du profit au bénéfice de ses actionnaires.

    Un sujet au cœur des problématiques d’entreprises

    Aujourd’hui, le contexte a bien changé et donne du fil à retordre aux marques et organisations. Elles doivent sans cesse se réinventer et tentent tant bien que mal de s’adapter aux nouvelles tendances de cette société complexe et mouvante. Notre environnement socio-éco-politique doit désormais être pris en compte dans chacune de nos actions.

    Ces dernières années, de nombreuses marques et entreprises ont intégré la dimension de marketing responsable dans leurs stratégies. Parfois pour la bonne cause ou au risque d’être en contradiction avec leurs actions, les forçant alors à revoir leurs modèles. Dès lors, le marketing et plus précisément la communication se révèle un enjeu central dans cette importante phase de transformation.

    Bref, tout ça nous allons le détailler dans ce nouvel article dédié. Mais avant tout il convient de poser quelques bases afin de comprendre véritablement les tenants et aboutissants de ce sujet.

    Qu’est-ce qu’une marque responsable ?

    C’est une marque qui respecte les enjeux environnementaux mais aussi sociétaux, humains et économiques. Étant un repère sur un marché, elle doit être responsable de toutes les actions qu’elle peut mener dans le cadre de sa vie. Elle se doit de considérer son récepteur comme un citoyen, un individu social ou politique et forcément multidimensionnel.

    Aujourd’hui, il y a un certain rejet du marketing et de la publicité. C’est pourquoi le consommateur exige des marques qu’elles répondent de leurs modèles et de leur façon de produire et de distribuer.

    L’objectif est donc de s’engager dans une démarche concrète de changement sur le long terme. Le tout afin de sensibiliser et faire évoluer les comportements des cibles, tout en lui donnant du sens à ses achats, à travers une communication engagée et assumée. 

    Et le marketing responsable ? 

    Le marketing responsable consiste en la promotion de ces produits ou services considérés comme plus écologiques, plus respectueux de la planète et plus en adéquation avec le contexte socio-éco-politique actuel. En analysant l’environnement de l’entreprise, les services marketing se doivent de définir des stratégies de commercialisation en accord avec les attentes du marché. Mais attention, on ne pas mettre en place un marketing responsable sans en avoir réinventé son offre. Trop d’entreprises joue sur le greenwashing pour paraitre dans “la tendance”. Ainsi, les marques se doivent de revoir leurs modèles.

    En effet, pour un vrai engagement responsable, une entreprise se doit aujourd’hui d’aligner ses actions avec celui-ci. L’engagement n’apparaît plus seulement au milieu ou bout de chaîne mais bien dès la R&D pour la conception produit. Et surtout en amont des actions dans la phase de réflexion et de stratégie.

    marketing responsable neons

    1. Entre crise de confiance et prise de conscience des consommateurs

    A. Petit point historique

    manifestation environnement

    Le début des années 70 s’est vu marqué par les premières grandes préoccupations écologiques. On a vu émerger des ONG comme Greenpeace ou encore WWF. Ce début de prise de conscience sur des thématiques environnementales a alors conduit à des moments clés historiques. On pensera notamment à la publication du rapport du Club de Rome. Ou encore la création du programme des nations unis pour l’environnement en 1972.

    Les années suivirent avec son lot de crise économiques, de catastrophes écologiques (Bhopal, Tchernobyl, Fukushima) et de scandales sanitaires (vache folle, œufs contaminés, viande de cheval, médiator…).

    Ainsi, les Etats ont dû réagir avec des rapports, des sommets, des COP et des accords internationaux. Ils promettaient alors de s’engager dans des actions concrètes sur le long terme.

    Les entreprises ont longtemps été laissées hors de ces débats politiques. Néanmoins les scandales sociaux, économiques et environnementaux les ont progressivement placés au cœur du viseur médiatique. Enfin, l’impact et le retentissement de ces crises ont été renforcées par l’arrivée d’internet dans les années 2000.

    B. Les nouvelles attentes écoresponsables des consommateurs

    Désormais, les marques évoluent dans un environnement médiatisé où les réseaux sociaux sont omniprésents. Ainsi, il devient plus facile pour les consommateurs, les lanceurs d’alerte ou encore les associations de dénoncer les mauvaises pratiques et comportements des entreprises et des marques.

    Et qui dit nouvelles attentes, dit crise de confiance. On le sait, il y a eu beaucoup d’abus ! Les consommateurs ont alors tendances à rejeter les formes classiques de communication. Désormais ils s’informent davantage et attendent des marques qu’elles puissent répondre de leurs actions. Au-delà du marketing responsable, il faut que les marques s’engagent en amont.

    Ainsi, pour ces organisations, il s’agit alors de se réinventer, repenser leur modèle et devenir de véritables « entreprises à missions », incarnant une forte raison d’être. Désormais, transparence, dialogue, respect, responsabilité et engagements sont attendus. A la fois dans leurs actes mais aussi dans leurs communications.

    Nous avons écrit récemment un article dédié à ces nouvelles attentes des Français envers les marques. Nous abordons les thèmes du Goodvertising, d’entreprise Contributing, de Woke marketing… pleins de nouveaux termes spécifiques entrés dans le langage des communicants. 

    C. Quelques chiffres d’études 

    Sondage international de ZENO
    • 83% des consommateurs estiment qu’une entreprise ne devrait faire de profit qu’à condition d’avoir un impact positif sur la société.
    • 94% estiment qu’il est important pour une entreprise de s’engager avec un “purpose” fort et clair. Une raison d’être qui définisse la façon dont l’entreprise contribue positivement à la collectivité.
    Etude complète
    Etude 2019 de l’Union des Marques
    • 52% des consommateurs ont un taux de défiance envers les grandes entreprises
    • 90% des consommateurs affirment se fier aux marques françaises.
    • 71% des Français attendent des marques qu’elles communiquent et agissent en toute transparence.
    En savoir +
    Etude Viavoice 2019
    • 83% des consommateurs Français jugent la communication “for good”. Et 84% estiment que c’est le rôle des entreprises de transmettre ces messages.
    • 49% estiment que cette communication ne correspond pas à la réalité des faits et qu’elle aide les entreprises à parfaire leur image de marque, dans 81% des cas, ou à leur faire acheter leurs produits et services (77%).
    Etude complète
    Suite à la crise du coronavirus

    Depuis le début de la crise sanitaire, le développement durable et le marketing responsable a pris de l’ampleur. En effet, la sur-consommation n’est plus en adéquation avec la période que nous vivons. De plus, de nouvelles tendances ont ressurgi. Nous pouvons donner l’exemple de l’intérêt des Français pour la seconde-main ou l’achat local. Les marques ont du alors naturellement s’adapter à ces nouveaux enjeux, à la fois dans leur stratégies de commercialisation mais également en interne.

    Lire toute l'infographie

    2. Comment devenir une entreprise responsable ?

    A. Réfléchir et incarner sa raison d’être

    Travailler sur sa raison d’être revient à répondre à la question suivante.
    Pourquoi j’existe ? Comment mon entreprise peut-elle jouer un rôle dans la société ?

    .

    1. Simon Senek & le Golden Circle

    Ce concept est relativement simple à comprendre mais complexe à appliquer.

    Simon Sinek est un conférencier americano-britannique et auteur de livres sur le management et la motivation. Il est le mieux placé pour vulgariser ce concept, ce fameux “Why que recherche chaque organisation.

    Ce Ted-Talk, vu plus de 54 millions de fois, vous explique simplement pourquoi et comment incarner votre raison d’être. Et ce, à travers des exemples d’entreprises connues de tous.

    2. Short term pain, long terme gain

    Le Why, ou encore le “purpose”, est l’étoile polaire de la stratégie. Il faut toujours commencer par s’interroger sur celui-ci car il servira de cap pour des années. Peut-être ne l’atteindrez-vous jamais mais vous le suiverez toujours ! Ce purpose doit donc faire appel à l’émotion et non à la raison. Cela dans l’objectif à engager l’ensemble de vos collaborateurs.

    Vous l’aurez compris, l’important est de raisonner du Why vers le what et non l’inverse. L’erreur courante des entreprises est de lier la raison d’être à l’argent. Soyez vigilants ! Être fidèle à son purpose, ce n’est pas faire une croix sur son business et sa rentabilité. C’est simplement passer d’un modèle économique basé sur la génération de profit à court terme à un modèle de pensée long terme et intégré.

    3. Une vision stratégique à long terme

    La raison d’être peut-être coûteuse et compliquée au début.  Mais n’importe quel engagement a un coût ! Un purpose qui ne coûte rien, c’est certainement une vision peu crédible, et c’est évidemment ce que l’on veut éviter à tout prix. Les gains à long terme sont en revanche substantiels comme nous le verrons plus loin.

    Si vous voulez en savoir plus, nous vous proposons également d’écouter cette conférence de Nicolas Beretti. En prenant l’exemple de la SNCF et KODAK, il explique simplement la stratégie du Why.

    B. RSE : quand la loi s’en mêle

    1. Un changement de paradigme pour les années futures

    Le 23 mai 2019 née la loi Pacte (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019). Relative à la croissance et la transformation des entreprises, cette dernière a été publiée au journal officiel. Elle fait entrer dans le droit commun français la “Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)” comme un principe fondateur du statut des sociétés. Elle introduit les notions de “raison d’être” et de “société à mission”.

    Ainsi, par cette loi, les entreprises sont donc amenées à se poser la question de leur rôle et implication dans la société. Mais aussi aux conséquences de leurs actions sur leur environnement. La mise en application de cette loi est progressive. Le résultat des actions mises en place n’est pas immédiatement mesuré et sanctionné en cas de non-respect. Mais il est prévu que cette notion soit véritablement et de plus en plus sérieusement prise en compte au fil des ans.

    Ce premier pas est un indéniable témoin du changement de paradigme auquel va devoir faire face le monde de l’entreprise pour les années futures. Chaque entrepreneur, directeur, président, membre de conseil d’administration… Et par conséquent collaborateur est amené aujourd’hui à se poser la question du rôle que son entreprise (et par extension lui-même), se voit endosser au sein de la société par son action quotidienne.

    L’entreprise doit mesurer son impact environnemental et sociétal, le comprendre, le maîtriser et le modifier, s’il s’avère négatif.

    En savoir + sur la loi PACTE
    2. Un rôle sociétal à part entière

    L’objectif ? Tendre vers une raison d’être en harmonie avec des principes de solidarité, ouverture, parité, transparence, préservation et respect de l’environnement…Ce dernier est à définir selon l’histoire, les savoirs-faires, les valeurs, les dirigeants, le contexte et/ou la vision de l’entreprise.

    Le rôle d’une entreprise ne doit donc plus se limiter au simple fait de produire de la valeur. Elle endosse une responsabilité supplémentaire et doit se doter d’une mission concrète et vertueuse. Cette dernière doit être bien plus large que la simple mise à disposition de produits ou services sur un marché. Elle prend le rôle d’un acteur sociétal à part entière et doit envisager des actions concrètes qui auront un impact positif et durable sur son fonctionnement interne et son rayonnement externe. Il s’agit donc de remises en question sérieuses et profondes.

    neon citation positive
    DES ENTREPRISES QUI ONT PRIS LE VIRAGE

    De nombreux grands groupes ont pris à bras le corps ces notions nouvelles et travaillent actuellement à la définition de leur raison d’être. Par exemple : Carrefour, EDF, ENGIE, la Maif, la SNCF…

    Les plus petites entreprises y sont généralement moins sensibilisées. Cependant, de nombreux cas émergent néanmoins dans des PME, TPE et Start-up récentes qui y sont directement sensibilisées. On repère d’ailleurs souvent des cas d’école dans ce type de contexte et structure ou la raison même de leur création est liée à un engagement éthique vis à vis de la société. (Ex: projet We Dress Fair).

    LES ORGANISMES

    De nombreux outils et organismes voient le jour actuellement pour aider à définir et mesurer ces impacts, puis accompagner les entreprises vers le changement.

    Des acteurs plus classiques endossent également ce rôle (CPME, MEDEF, BPI France…). De plus, des cabinets de conseil apparaissent pour apporter conseil et accompagnement aux dirigeants sur ce vaste sujet. Par exemple, le cabinet de conseil en formation et gestion de projet : ACROME. Il développe une expertise intéressante sur le développement de stratégies RSE en entreprise. Partenaires de La Mob, ils nous aident régulièrement à avancer nos réflexions sur ces questions.

    Enfin de nombreuses sociétés de toutes tailles ont déjà placé cette question au cœur de leur stratégie depuis longtemps. En effet, l’engagement et la responsabilité faisait partie de leur ADN dès le départ. Naturellement ces structures présentent aujourd’hui une avance et un maturité significatives sur le sujet. Et cela se retrouve notamment souvent dans leurs performances économiques.

    EXEMPLE DE LA SOCIETE GATTEFOSSE

    Nous pensons par exemple à la société Gattefossé, client de La Mob depuis de nombreuses années. Ce groupe familial et international développe des méthodes d’extraction de végétaux pour produire des formules et excipients à destination des marchés de la pharmacie et de la cosmétique. Fondée sur l’invention de l’aromathérapie, cette entreprise a toujours placé de nombreux engagements au cœur de ses priorités. A savoir : l’humain, la contribution scientifique au savoir collectif, le respect de l’environnement…ou encore le développement d’actions sociales de proximité, le soutien au secteur médical via une fondation…

    Faisant longtemps figure de petit poucet sur son secteur, elle devient progressivement un acteur de référence et avance en permanence sur une communication responsable et le développement d’une politique RSE d’envergure.

    Logo gatefosse

    C. Une transformation devenue nécessaire et stratégique

    1. Profiter des périodes de crises pour se réinventer

    En définitive, qu’on le veuille ou non, ces questions de la raison d’être, de la responsabilité des entreprises et du marketing responsable doivent se poser à un moment donné. Certes cette notion peut apparaître floue, lointaine, parfois galvaudée (cf chapitre greenwashing). En outre, il peut s’avérer complexe aujourd’hui d’envisager ce type de métamorphose. Notamment dans un contexte de crises multiples. Le ralentissement du dynamisme économique étant peu propice aux projets de transformation, à la remise en question et la redéfinition de sa vision à long terme, la réaction naturelle est bien souvent à l’attentisme et la stratégie du dos rond.

    Or ce n’est pas à notre sens la bonne approche. On le sait, les temps de crises sont des périodes complexes et incertaines, mais également le moment de se réinventer. Comme on l’a développé dans le chapitre précédent, l’attente des consommateurs s’aligne sur une tendance générale à la responsabilité individuelle et une approche collective durable.

    Aussi, cela concerne les entreprises et marques qui sont de plus en plus scrutées et challengées. Que l’on soit dans le BtoB ou BtoC, on risque donc tous à un moment d’être jugé sur son action sociale et environnementale et pénalisé si des manquements sont constatés. Dès lors, ne pas prendre en compte cet aspect suffisamment en amont dans sa stratégie de marketing responsable est un risque à moyen ou long terme de payer le prix fort en termes de performances commerciales et économiques.

    2. L’implication collective de toutes les parties prenantes

    Prendre “le taureau de la RSE par les cornes” s’avère en outre une option gagnante au niveau des ressources humaines. Notamment du fait de l’implication collective que cette approche permet. En effet, comme on l’a déjà dit, le contexte actuel amène tout un chacun à se questionner sur sa place et son action dans la société et vis-à-vis de l’environnement. Peu de monde aujourd’hui peut se targuer d’être au clair sur le sujet au vu de sa complexité et son étendue.

    Mais dès lors que l’entreprise pour laquelle on travaille nous aide à apporter une partie de cette réponse, notre engagement professionnel n’en sera que plus évident et efficace. Il est nettement plus satisfaisant et motivant de tendre vers des objectifs ayant du sens que vers des performances purement et uniquement économiques…

    Ça peut être par exemple des objectifs liés à la neutralité carbone, la parité homme / femme, l’ouverture culturelle, la protection de la bio-diversité, la solidarité… En termes de bien-être humain et collectif, cette démarche aura donc très probablement un impact très positif dont il est difficile de mesurer la portée à l’heure qu’il est. Ce qui est certain, c’est que plus on est nombreux et rapides à s’y pencher, plus vite les résultats s’en feront sentir.

    C. Un cercle vertueux à instaurer

    La réflexion autour de la raison d’être et du marketing responsable apparaît donc comme une véritable opportunité de relancer une nouvelle dynamique interne et externe à l’entreprise. Elle force à adopter une visée long terme et des objectifs variés qui créent un cercle vertueux autour de la société, ses dirigeants, ses collaborateurs, ses partenaires et ses clients.

    Être une entreprise à mission, c’est métamorphoser sa structure en un véritable acteur de changements profonds et positifs en interne. Ainsi que pour la société environnante immédiate voir beaucoup plus largement. Dès lors le défi est de communiquer de manière sincère et cohérente sur cette prise de position.  Le tout afin de transmettre le bon message et la bonne vision à ses parties prenantes internes et externes. D’où les enjeux nouveaux qui en découlent en termes de communication et que nous souhaitons analyser dans cet article.

    3. Le marketing responsable est mort, vive le design responsable ?

    A. Design responsable : de la parole aux actes 

    L’engagement d’une marque permet, par son positionnement, d’afficher ses valeurs et donc d’augmenter sa valeur perçue. Cependant certains acteurs décident d’aller encore plus loin que le marketing responsable et d’intégrer cette démarche au cœur de leur activité. A savoir dans la recherche et développement (R&D) et/ou l’organisation même de l’entreprise. Passer de la parole aux actes, est l’enjeu du design responsable.

    Penser, concevoir et produire des produits / services engagés

    ”Nos actes nous définissent plus que nos paroles”. En effet, selon une étude de 2018 (sondage Havas Paris/CSA – janvier 2018*), 91% des Français seraient convaincus « que les inégalités se creusent fortement dans la société ». De plus, ils sont 60% à penser que « les entreprises ont aujourd’hui un rôle plus important que les gouvernements dans la création d’un avenir meilleur ».

    Quel meilleur ambassadeur pour une marque que ses propres produits ? Incarner une vision, un positionnement, une conviction par une innovation technologique ou des processus internes est la solution la plus simple pour affirmer son marketing responsable et faire valoir ses engagements. On parlera alors de design responsable.

    B. Se préoccuper de l’environnement 

    On parlera, dans ce cas, d’éco-conception ou d’éco-design. Ce terme désigne la volonté de concevoir des produits respectant les principes du développement durable et de l’environnement. L’ADEME précise  : « recourant aussi peu que possible aux ressources non renouvelables. C’est à dire en leur préférant l’utilisation de ressources renouvelables, exploitées en respectant leur taux de renouvellement, et associées à une valorisation des déchets qui favorise le réemploi, la réparation et le recyclage ».

    Voici quelques exemples d’entreprises qui se sont engagés dans ces démarches de design et de marketing responsable : 

    Montlimart : des vêtements pour homme durables et responsables

    Montlimart est une marque de prêt-à-porter écologique pour homme qui se différencie par une démarche responsable 360°. Après avoir opté pour une production locale, la marque a décidé de travailler sur ses matériaux en s’engageant sur la sécurité pour le consommateur. Mais aussi sur la réduction de l’impact environnemental. En effet, la marque s’engage également pour la préservation des abeilles en parrainant des ruches durables.

    L’industrie de la mode est un des secteurs les plus polluants au monde. Contrairement à beaucoup d’acteurs, la démarche engagée de Montlimart ne se limite pas à du « marketing responsable » et une « capsule » de produits. Mais elle s’inscrit bien au cœur de l’offre proposée par la marque. C’est cette place centrale de la démarche environnementale qui permet à la marque de mettre en place un marketing responsable cohérent et pertinent. Elle communique ainsi sur l’impact de ses produits, contrairement aux standards du marché où la communication se fonde essentiellement sur le style et les prix.

    Allier pouvoir d’achat et conscience environnementale avec La Reboucle by La redoute

    La vie de famille est remplie de cycles de vie et de changements. Déménagement, mariage, naissance…. C’est à partir de ce constat que La Redoute a lancé en février 2021 sa propre plateforme C to C nommée La Reboucle. En France, la seconde main connaît un succès fou et pèse désormais plus de 7 milliards d’euros. A travers cette plateforme, la marque souhaite donc comprendre et répondre à l’ensemble des besoins de la famille. Notamment en leur fournissant une solution leur permettant de revendre et de racheter de la décoration, des vêtements … en fonction de leurs besoins du moment. Le service marketing « responsable » a bien fait son travail 😉

    L’enjeu est donc ici de proposer des collections de plus en plus responsables. À ce sujet, les collections de prêt-à-porter de cette saison et proposées sur La Reboucle intègrent plus de 60% de produits “responsables, c’est-à-dire avec au moins un critère RSE (matière, production en proche import, en made in France…).

    Ainsi, la Redoute offre cette solution dans la continuité de sa stratégie RSE tout en restant dans une même gamme de prix.

    B. Investir sur l’inclusion et la diversité

    De nombreuses marques se préoccupent, dès les premières phases de conception, de l’accessibilité au plus grand nombre. Les innovations proposées sont nées notamment à la faveur des possibilités qu’offrent des technologies actuelles. C’est en replaçant ces enjeux au cœur de leur système nerveux central que les marques incarnent de façon plus efficace et plus concrète.

    ThisAbles, LE projet engagé et engageant signé IKEA

    IKEA a fait preuve d’une grande innovation en proposant son projet « ThisAbles ». Le principe  ? Permettre aux personnes en situation de handicap et présentant des besoins spécifiques de profiter de la qualité de vie offerte par les produits Ikea, au même titre que les autres.

    Pour cela, la marque a créé des fichiers téléchargeables depuis le site web dédié et imprimables en 3D dans environ 127 pays, venant s’ajouter et compléter des objets du quotidien pour faciliter leur prise en main.

    Ces personnes, généralement peu mises en avant dans les campagnes, sont ici parfaitement représentées par Ikea. Et la marque est même capable de leur offrir une solution, montrant ainsi qu’elle est consciente de la réalité du quotidien de ces consommateurs.

    marketing responsable d'Ikea avec son projet ThisAbles

    Cette campagne, en plus de répondre à un vrai besoin et de rendre la marque accessible, répond également à un enjeu social de taille. En effet, 12% des personnes handicapées ou malades  souffrent d’isolement, contre une personne sur dix dans la population générale. De plus, 32% des personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie disent se sentir seules, contre 22% de la population globale.

    Cette campagne a remporté le grand prix des Cannes Lions dans la catégorie « Santé et bien-être ».

    Chiffres clés
    • 4625 téléchargements de modèles 3D
    • 33% d’augmentation sur les ventes de ses 13 produits iconiques après le lancement du projet,
    • 37% d’augmentation en termes de nombre de produits vendus par rapport à 2018
    Maggi, stimuler les 5 sens

    C’est au Brésil que l’entreprise culinaire Maggi entourée par l’agence de communication Publicis a décidé de lancer le premier livre de cuisine à destination des personnes aveugles et malvoyantes.

    Ce livre de cuisine, de son nom “Cooking Blindly” ou “Cuisiner à l’aveugle” en français, est une vraie révolution et est conçu comme un véritable guide sensoriel de 130 pages.

    L’objectif est simple :  stimuler les 5 sens !  Des illustrations en relief et du braille pour le toucher, des épices pour l’odorat, la vue avec un design pensé pour être lisible par les personnes malvoyantes. Et enfin l’ouïe grâce à des boutons émetteurs de son ou encore grâce à sa version audiobook.

    Cette innovation produit s’aligne parfaitement avec la vision de la marque qui voit la cuisine comme une activité à laquelle chacun peut et doit participer. Un pas de plus vers la cuisine inclusive !

    marketing responsable de maggi à travers son livre de cuisine pour aveugle

    Conclusion

    Demain, il faudra s’engager dès l’amont pour aligner l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est pourquoi les marques et les entreprises qui s’emparent de questions politiques et choisissent de porter une responsabilité environnementale sont  de plus en plus nombreuses. Il ne s’agit plus d’un argument de différenciation. Il s’agit d’un pré-requis.

    Désormais, les engagements ne doivent plus se prendre en bout de chaîne/ Cela ne doit plus être le seul travail du marketing et de la communication. Si le marketing responsable ne suffit plus, le design responsable est quant à lui en plein développement. Et c’est vers ce modèle là que l’on tend pour demain. En effet, ce dernier  permettra un alignement total, de la conception au produit ou au service fini, en passant par le discours, le marketing et la communication.

    C’est au moment de la phase de R&D et de conception que les engagements doivent s’intégrer, et toutes les étapes de la chaîne doivent suivre en conséquence. C’est cette forme d’engagement qui permettra une efficacité sans faille et des résultats concrets.

    En résumé il faudra : 
    • Mener des combats de société spécifiques et puissants, en menant des combats de société hier préemptés par les institutions et en y consacrant des moyens financiers importants
    • Penser et construire de nouveaux produits et services, où la durabilité est assurée car les engagements sont pris dès la phase de R&D
    • Repenser son organisation, en étant proactif et en mettant en place des chartes / bonnes pratiques par exemple

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